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Le blog de l'IGGEP

Décryptages, études politiques et perspectives de gouvernance rédigés par nos experts et enseignants-chercheurs.

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Edgar Morin et Glenn D. Paige : penser la complexité pour construire un avenir de paix fondé sur les principes du nonkilling
Opinion 30-Jun-2026

Edgar Morin et Glenn D. Paige : penser la complexité pour construire un avenir de paix fondé sur les principes du nonkilling

Intervention du Dr Roland Joseph, Ph.D., à l'occasion de la Journée internationale du nonkilling, le 28 juin 2026, sur le thème : « Revitaliser l'esprit du nonkilling : de l'unité culturelle à un avenir nonkilling ». C'est pour moi un immense honneur de prendre la parole aujourd'hui à l'occasion du 96e anniversaire de naissance du regretté professeur Glenn D. Paige. Je souhaite également rendre hommage aux autres figures éminentes du mouvement nonkilling qui nous ont quittés. Nous leur sommes profondément reconnaissants pour leur engagement et leur contribution au rayonnement de ce paradigme à travers le monde, y compris dans la région des Caraïbes. Nous rendons également hommage à d'autres chercheurs et militants qui nous ont quittés et qui n'étaient pas membres du mouvement nonkilling. Sans s'y identifier explicitement, ils ont consacré leur vie à promouvoir la paix et les valeurs de cette philosophie. Il y a quelques semaines, le monde a également perdu un autre grand penseur : le sociologue et philosophe français Edgar Morin, décédé à l'âge de 104 ans. Bien qu'Edgar Morin n'ait pas écrit spécifiquement sur le nonkilling, je suis convaincu que sa réflexion sur la pensée complexe nous offre une grille de lecture particulièrement pertinente pour mieux comprendre l'originalité de ce paradigme élaboré par Glenn D. Paige. En réfléchissant aux contributions de ces deux penseurs, une idée revenait constamment à mon esprit : Glenn D. Paige nous invite à nous poser une question fondamentale : une société nonkilling est-elle possible ? Edgar Morin nous rappelle que répondre à cette question exige une pensée capable de relier les personnes, les idées et les disciplines. Pour Edgar Morin, la pensée complexe constitue une critique du paradigme de la simplification. Ce paradigme consiste à décomposer les problèmes en éléments distincts et à les analyser séparément. En définissant le terme complexe, Morin se réfère au mot latin complexus, qui signifie « ce qui est tissé ensemble ». Il nous rappelle que la réalité ne peut être comprise si l'on isole les phénomènes les uns des autres. Autrement dit, la pensée complexe est une manière de comprendre le monde. Au lieu de séparer les personnes, les idées, les disciplines ou les problèmes, elle nous invite à comprendre les liens qui les unissent. Pour Glenn D. Paige, le meurtre (Killing) n'est pas un phénomène isolé, mais un phénomène complexe. Il ne se limite pas aux questions militaires. Il concerne également la politique, l'éducation, l'économie, l'anthropologie, la sociologie, la psychologie, la science politique, les relations internationales, les technologies, la famille, la religion et la santé publique, pour ne citer que quelques exemples. Si le meurtre, ou le « Killing », constitue un problème complexe, nous devons alors l'aborder dans toute sa complexité. Comme nous le rappelle Edgar Morin, nous ne pouvons pas résoudre des problèmes complexes avec une pensée fragmentée. C'est précisément ce qui rend le paradigme de Glenn D. Paige si remarquable. Plutôt que de réduire le meurtre (Killing) à une cause unique, Paige l'aborde comme un problème humain complexe. Il pose alors une question à la fois simple et profondément révolutionnaire : une société nonkilling est-elle possible ? Il définit cette société comme : « Une communauté d’êtres humains, de la plus petite à la plus vaste, de la locale à la globale, caractérisée par le fait qu’on n’y tue pas les êtres humains et qu’on n’y menace pas de tuer ; il n’y a pas d’armes conçues pour tuer les êtres humains et aucune justification pour les utiliser ; et pas de conditions de société qui dépendent de la menace ou de forces homicides pour le maintien ou le changement. » Paige soutient qu'une société mondiale nonkilling est possible et que la science politique, en tant que discipline académique, peut contribuer à la concrétiser. Pour donner corps à cette vision, il a fondé le Center for Global Nonkilling (CGNK), qui réunit des chercheurs issus de nombreuses disciplines au sein de dix-neuf comités de recherche, notamment en anthropologie nonkilling, sociologie nonkilling, science politique nonkilling, psychologie nonkilling, économie nonkilling, histoire nonkilling, philosophie nonkilling et bien d'autres. Aujourd'hui, le CGNK rassemble plus de 800 chercheurs issus de plus de 80 pays et de près de 300 institutions universitaires, tous engagés à promouvoir un changement de paradigme scientifique en faveur d'une société pacifique fondée sur les principes nonkilling. Morin nous apprend à penser en reliant les disciplines. Paige nous invite non seulement à adopter une approche interdisciplinaire, mais aussi à traduire cette manière de penser en action en mobilisant les savoirs, les disciplines, les chercheurs, les institutions et les acteurs autour d'un objectif commun : la protection de la vie humaine et le respect de sa dignité. Je souhaiterais conclure par une citation de Petra Kelly, reprise par Glenn D. Paige dans son ouvrage Nonkilling Political Science : « Les problèmes qui menacent la vie sur Terre ont été produits collectivement ; ils nous affectent collectivement ; et nous devons agir collectivement pour les transformer. » Je vous remercie. Note de l'auteur: Cette intervention propose une lecture du paradigme du nonkilling de Glenn D. Paige à la lumière de la pensée complexe d'Edgar Morin. Pour approfondir cette réflexion, le lecteur peut consulter La Méthode d'Edgar Morin ainsi que Nonkilling Political Science de Glenn D. Paige (Center for Global Nonkilling, 2002).

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Publications Récentes

La violence comme mode d’expression politique en Haïti : enjeux pour la consolidation démocratique. Synthèse
Synthèse 17-Apr-2026

La violence comme mode d’expression politique en Haïti : enjeux pour la consolidation démocratique.

La conférence-débat consacrée à la violence politique et à la consolidation démocratique en Haïti, animée par Dourason CHARLES et modérée par Jonathan MEUS, a permis d’explorer en profondeur les liens complexes entre violence et politique. L’intervenant a montré que la violence peut être appréhendée à la fois comme un mode d’expression politique et comme un obstacle majeur à la construction démocratique. S’appuyant sur des approches anthropologiques, notamment celles de Hobbes et de Machiavel, il a rappelé l’importance du monopole de la violence légitime par l’État et les enjeux liés à sa régulation. Les échanges ont porté sur plusieurs dimensions du phénomène, notamment la violence électorale, la militarisation de la société et le rôle des groupes armés illégaux en tant qu’acteurs politiques. La discussion a également mis en lumière la manière dont l’autorité politique définit et traite la violence en fonction de sa vision du monde et de ses objectifs en matière de consolidation démocratique. Dans une perspective historique et politique, les participants ont interrogé les dynamiques démocratiques en Haïti depuis 1986, en soulignant les fragilités persistantes du système. L’intervenant a insisté sur le fait que la compréhension de la violence dépend des conceptions anthropologiques sous-jacentes et que l’affaiblissement de l’État, notamment lorsqu’il perd le monopole de la contrainte légitime, favorise l’émergence de formes de violence concurrentes dans l’espace public. Par ailleurs, il a été souligné que la violence systémique révèle des failles structurelles dans la construction de l’autorité politique. Les stratégies visant uniquement à éradiquer la violence apparaissent insuffisantes si elles ne s’attaquent pas à ses causes profondes. En s’inspirant de Weber, l’intervenant a rappelé que le monopole de la violence constitue un fondement de l’État moderne, tout en soulignant les dérives possibles lorsque ce monopole est fragilisé ou instrumentalisé. L’analyse a également porté sur les différentes stratégies adoptées par l’État haïtien face à la violence : la répression directe, le contournement par la tolérance de zones de non-droit, et la délégation implicite de la violence à des groupes armés. Ces dynamiques interrogent la capacité du politique à produire de l’ordre, à former des citoyens et à imposer une vision cohérente du vivre-ensemble. Enfin, la discussion a permis de préciser les contours de la violence politique et son rôle dans les relations institutionnelles. Il a été avancé que la violence, sans être constitutive de la démocratie, peut néanmoins en être une expression dévoyée dans des contextes de crise. Les groupes armés ont ainsi été analysés comme des formes de gouvernance parallèle, tandis que la violence terroriste a été distinguée de la violence légitime par sa finalité et ses cibles. Cette conférence a ainsi offert un cadre d’analyse riche pour comprendre les enjeux de la violence politique en Haïti et les défis qu’elle pose à toute entreprise de consolidation démocratique.

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Écoles publiques haïtiennes: entre gouvernance défaillante et stigmates sociaux Opinion
Opinion 16-Oct-2025

Écoles publiques haïtiennes: entre gouvernance défaillante et stigmates sociaux

Par : Orel Stheker VINCENT Diplômé en Gouvernance Locale Dans l’imaginaire collectif haïtien, l’école représente le levier par excellence de l’ascension sociale pour celles et ceux issus des milieux les plus modestes. Il n’est pas nécessaire de citer des noms pour se faire rapidement une idée de cette réalité. Bien qu’elle soit le déclencheur d’une transformation individuelle et, par extension, qu’elle contribue positivement à la vie sociale, l’école demeure souvent une impasse où seuls les meilleurs ou les plus chanceux réussissent à s’en sortir. Peut-on véritablement bâtir un système scolaire sur ces deux extrémités alors que l’école est censée être un espace de transformation individuelle et de cohésion collective, formant des citoyens responsables et engagés ? Comprendre le système « antonwa » de nos écoles revient à saisir la réalité du secteur éducatif national, marqué par la ségrégation et des rapports sociaux inégalitaires, comme l’a souligné le Docteur Jacques Abraham. Selon lui, les écarts entre les différentes écoles et les disparités sociales sont tels qu’ils engendrent des individus parfois étrangers à eux-mêmes et incapables de contribuer de manière significative au développement de leur pays. Dans le paysage éducatif haïtien, les écarts entre les écoles publiques et non publiques sont une évidence. Toutefois, au sein même des écoles publiques se cache une triste réalité même si elles incarnent à la fois l’espoir d’une éducation accessible et les limites d’un système en tension. À travers une étude comparative entre l’École Communale et Municipale de Pétion-Ville (ECMPV) et l’École Nationale du Guatemala (ENG), nous avons pu constater les disparités structurelles, administratives et sociales qui affectent la qualité de l’enseignement et la perception des gens de la communauté à l’égard de ces établissements publics. Ces deux écoles, bien que situées dans la même commune, illustrent deux modèles de gouvernance distincts: l’un sous tutelle de la municipalité, l’autre sous contrôle de l’État central via le Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle. Cette dualité révèle les failles d’un système éducatif fragmenté, où les enjeux de financement, de stabilité administrative et de reconnaissance sociale se conjuguent pour façonner des trajectoires scolaires inégalitaires. L’analyse organisationnelle montre que l’ENG bénéficie d’un encadrement plus structuré, avec un personnel enseignant régulier et fonctionnaire de l’État central, des infrastructures relativement solides et une certaine régularité dans la gestion pédagogique. En revanche, l’ECMPV souffre d’une surcharge des effectifs bien plus grande que l’ENG, d’un environnement physique dégradé et d’une instabilité chronique du personnel enseignant, souvent nommé selon des logiques politiques locales. Cette précarité administrative, couplée à des salaires irréguliers (soit 10000.00 gourdes par trimestre) et à l’absence d’avantages sociaux, engendre une démotivation généralisée et compromet la continuité pédagogique. L’écart entre les deux établissements ne réside pas uniquement dans les ressources disponibles, mais dans la capacité des structures de gouvernance à assurer une gestion cohérente et équitable. Le concept de gouvernance éducative est central. Il ne s’agit pas seulement de gérer des ressources, mais de construire une vision partagée de l’école publique comme levier de développement local. Or, cette vision est souvent absente dans les écoles communales, où la planification est soumise aux aléas politiques et aux limites budgétaires des municipalités. À l’inverse, les écoles nationales, bien que confrontées à leurs propres défis, bénéficient d’une certaine stabilité institutionnelle. Cette asymétrie pose la question de l’autonomie des collectivités territoriales dans la gestion éducative et de leur capacité à mobiliser les acteurs locaux autour d’un projet scolaire durable. La perception sociale des écoles publiques constitue un autre axe majeur de l’étude. Les entretiens menés auprès des élèves et des familles révèlent une image souvent négative des établissements publics, perçus comme des lieux de relégation sociale. Le mépris institutionnel dont ils font l’objet se traduit par une faible valorisation des enseignants, une stigmatisation des élèves et une reproduction des inégalités. Les stéréotypes associés à l’école publique – manque d’enseignants qualifiés dans l’ECMPV, infrastructures délabrées de l’ECMPV– alimentent un cercle vicieux où la démotivation scolaire devient une conséquence autant qu’un symptôme. Cette perception sociale, loin d’être anodine, influence directement les parcours éducatifs et les aspirations des jeunes. Face à ces constats, nous proposons des pistes concrètes pour améliorer la gouvernance et l’image des écoles publiques. Il s’agit notamment de renforcer l’autonomie administrative des établissements, de diversifier les sources de financement, de mettre en place des mécanismes de reddition de comptes et d’impliquer les communautés locales dans la gestion de l’école. Des actions de sensibilisation sont également nécessaires pour revaloriser l’école publique dans l’imaginaire collectif. Ces recommandations ne visent pas seulement à corriger des dysfonctionnements, mais à réhabiliter l’école comme espace de citoyenneté, d’émancipation et de cohésion sociale. En définitive, cette étude souligne que la qualité de l’éducation publique ne dépend pas uniquement des moyens financiers, mais de la volonté politique et de l’engagement communautaire. L’école, en tant qu’institution centrale de la société, mérite une gouvernance transparente, inclusive et ambitieuse. La commune de Pétion-Ville, bien que confrontés à des réalités différentes dans les deux écoles, illustrent les défis communs d’un système éducatif en quête de sens et de justice. Pour que l’école publique devienne un véritable moteur de transformation sociale, elle doit être pensée comme un bien commun, porté par tous et pour tous.

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Roland Joseph s’adresse au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU sur la crise en Haïti Blog
Blog 03-Oct-2025

Roland Joseph s’adresse au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU sur la crise en Haïti

Conseil des Droits de l’Homme – 60ᵉ session | Point 10 : Haïti Intervention de Roland Joseph, Genève, 2 octobre 2025 Cet article est rédigé par l'équipe du Caribbean Center for Nonkilling , Peace and Conflict Studies (CCNPCS) L’Institut de Gestion, de Gouvernance et d’Études Politiques (IGGEP) et le Caribbean Center for Nonkilling, Peace, and Conflict Studies (CCNPCS), fondé par Roland Joseph et travaillant de concert avec le Center for Global Nonkilling (CGNK), une organisation internationale à but non lucratif bénéficiant d’un statut consultatif auprès de l’ONU, sont fiers de partager l’intervention du Dr Roland Joseph lors de la 60ᵉ session du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, portant sur la situation urgente en Haïti (Point 10). Cette intervention a été facilitée et coordonnée par Christophe Barbey, représentant principal du CGNK à Genève, et s’est déroulée en présence de plusieurs diplomates ainsi que de représentants d’autres organisations internationales et ONG. Dans son intervention, Dr. Joseph a souligné l’impact dramatique des gangs armés sur la population, qui terrorisent la capitale, en contrôlant près de 90 % de celle-ci et en bloquant les routes reliant les dix départements du pays. « Récemment, plus de 40 personnes — femmes, enfants et personnes âgées — ont été massacrées dans la commune de Cabaret », a-t-il rapporté. Il a également insisté sur l’ampleur du déplacement forcé des familles haïtiennes. En juin 2025, environ 1,3 million de personnes avaient été déplacées en raison de la violence, dont plus de la moitié étaient des enfants. « Près d’un enfant sur six en Haïti est désormais déplacé, soit environ 700 000 enfants », a précisé Dr. Joseph. Alarmant, 30 à 50 % des membres des gangs sont eux-mêmes des enfants, illustrant la nature profonde et cyclique de cette crise. Dr. Joseph a attribué cette situation tragique à la violence structurelle, enracinée dans la pauvreté et l’injustice sociale. Il a appelé à des solutions allant au-delà des mesures sécuritaires immédiates, en prônant des approches basées sur les principes de non-meurtre, notamment à travers des programmes complets d’éducation à la paix dans les écoles et les communautés. « Nous exhortons le Conseil et la communauté internationale à soutenir ces efforts, afin de donner à Haïti une chance de retrouver la paix et la dignité », a-t-il conclu. Le CCNPCS continue de promouvoir les perspectives de non-meurtre comme des outils essentiels pour une paix durable, la protection des droits humains et le développement durable en Haiti et à travers le monde. Voir l’intervention complète sur UN Web TV : UN Web TV – 38ᵉ réunion, 60ᵉ session. Time exacte: 39:42-41:14. https://na01.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwebtv.un.org%2Fen%2Fasset%2Fk1z%2Fk1zd31r260&data=05%7C02%7C%7C6f05853ceb8944084f2208de02d170c3%7C84df9e7fe9f640afb435aaaaaaaaaaaa%7C1%7C0%7C638951295722428075%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&sdata=E%2B22q71xYEFMDEWHbd4cG%2B0MECwYB0XOsG4PozrUPn0%3D&reserved=0

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Forum virtuel sur la paix : les jeunes haïtiens engagés pour une société haitienne basée sur les principes du "nonkilling" Communiqué
Communiqué 22-Sep-2025

Forum virtuel sur la paix : les jeunes haïtiens engagés pour une société haitienne basée sur les principes du "nonkilling"

À l’occasion de la Journée internationale de la paix, le Caribbean Center for Nonkilling, Peace, and Conflict Studies (CCNPCS) de l'Institut de Gestion, de Gouvernance et D’Études Politiques (IGGEP) a organisé, le 21 septembre 2025, un forum virtuel via Zoom, retransmis en direct sur Facebook. Cet événement a réuni un large public, dont plusieurs jeunes et étudiants d’Haïti, autour d’un thème central : « Quelles actions entreprendre pour lutter contre la violence et le meurtre en Haïti et construire une société haïtienne de nonkilling » La rencontre a été marquée par la richesse des interventions de jeunes leaders communautaires et d’étudiants, dont beaucoup avaient participé récemment au séminaire d’initiation à la science politique nonkilling, organisé par le CCNPCS avec le soutien du Center for Global Nonkilling (CGNK). Les échanges ont largement porté sur la situation sécuritaire en Haïti, mettant en lumière l’urgence d’initiatives éducatives et citoyennes pour promouvoir une culture de paix. De nombreux intervenants ont plaidé en faveur de l’intégration de l’enseignement de la paix et du nonkilling dans les programmes de formation et dans la vie communautaire. En conclusion, Roland Joseph, président du CCNPCS, a donné rendez-vous aux participants pour le 2 octobre 2025, à l’occasion de la Journée internationale de la non-violence, pour poursuivre la réflexion et le dialogue sur les défis liés à la violence en Haïti. Il convient de rappeler que le CCNPCS est une structure récente, créée en Haïti au sein de l’Institut de Gestion, de Gouvernance et d’Études Politiques (IGGEP), en partenariat avec le Center for Global Nonkilling (CGNK).

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Actualités

Actualités 02-Aug-2025

Haïti : Vers une sortie de crise par le dialogue avec les gangs armés ? L’IGGEP ouvre le débat

Le samedi 2 août 2025, le Département de Science Politique et des Relations Internationales de l’Institut de Gestion, de Gouvernance et d’Études Politiques (IGGEP) a organisé une conférence de haut niveau autour du thème : « La négociation avec les gangs armés en Haïti : tabou, nécessité ou stratégie de sortie de crise ? » Animée par le Dr. Roland Joseph, spécialiste en Sciences Politiques « nonkilling », en études de la paix et des conflits, et professeur à l'IGGEP, la conférence a réuni plusieurs intervenants de renom issus des milieux universitaires et intellectuels haïtiens, tant en Haïti que dans la diaspora. Un dialogue, mais pas une négociation : une distinction fondamentale Le premier intervenant, Dr. Richard Jacob Pierre, Docteur en philosophie politique, en philosophie du droit et de la gouvernance, a soutenu avec fermeté l’idée d’un dialogue stratégique avec les gangs armés — tout en rejetant celle d’une négociation formelle, qui selon lui risquerait de légitimer leur statut de force politique ou militaire. Il a appelé à un effort de compréhension : « Il faut chercher la vérité, identifier la racine du problème », a-t-il déclaré, soulignant que l'État haïtien apparaît impuissant face à la montée des groupes armés qui occupent désormais une place centrale dans les dynamiques sociales et politiques. Pour le Dr. Pierre, dans une société qui se veut démocratique et libérale, le dialogue est un outil de connaissance et non de compromission : « Même avec des bandits, il faut chercher à savoir ce qui est vrai », a-t-il insisté. Ce dialogue, selon lui, ne vise pas à négocier des privilèges, mais à comprendre les motivations, les réseaux et les discours qui nourrissent l'emprise des gangs sur certains territoires. Enfin, il a mis en lumière un obstacle majeur : les profondes divisions internes au sein de l’appareil d’État. Ces fractures minent la capacité des forces de sécurité à agir efficacement et entretiennent une forme de paralysie politique, rendant toute solution durable difficile à mettre en œuvre. Le chaos ou le dialogue : un dilemme national Pour le Dr. Deus Deronneth, docteur en Sciences Économiques et Président du Conseil d’Administration de l’IGGEP, la question de l’insécurité liée aux gangs ne constitue pas seulement une urgence sécuritaire, mais bien le cœur battant de la crise haïtienne actuelle. Dans un contexte où la population vit dans une peur quasi permanente, il constate que les préoccupations économiques et sociales — comme le chômage, la faim, la pauvreté extrême ou l’effondrement des services publics — passent au second plan. Le contrôle de la terreur s’est substitué à celui de la gouvernance. Dr. Deronneth met en lumière les liens troubles entre certains groupes criminels, comme Viv Ansanm, et des secteurs influents de l’appareil politique, administratif ou économique. Cette complicité tacite, voire active, a selon lui nourri la montée en puissance des gangs. D'où une question incontournable : faut-il dialoguer pour sortir du chaos, ou refuser toute forme de compromis avec des acteurs violents ? À ses yeux, continuer de nier cette réalité ne fait qu’approfondir l’effondrement de l’autorité publique. Le territoire national est désormais fragmenté entre zones sous contrôle étatique et zones sous domination armée. Dans ce contexte, il plaide pour une démarche de dialogue transitoire — non comme une fin en soi, mais comme un levier politique en vue de restaurer un minimum de stabilité et de relancer le processus démocratique. S’inspirant d’exemples internationaux, il évoque la possibilité d’une médiation nationale inclusive, pilotée par des institutions crédibles telles que l’Église, les universités ou encore les Nations unies. Il reconnaît néanmoins que cette stratégie est loin d’être neutre : elle pose d’importants dilemmes éthiques et politiques, entre légitimation des criminels et nécessité de sauver ce qui peut encore l’être de la République. Une position ferme contre toute illusion Joël Léon, PDG et rédacteur en chef de Boukan News, adopte une posture de vigilance rigoureuse face aux discours conciliants envers les gangs armés. Selon lui, le thème même de la conférence illustre un constat alarmant : l’effondrement de l’État haïtien. Il affirme que rien ne prouve, à ce jour, que les autorités actuelles disposent de la volonté politique ou de la capacité institutionnelle nécessaires pour neutraliser les groupes armés qui terrorisent la population. Dans ce contexte de paralysie sécuritaire, Joël Léon plaide pour un gouvernement de transition à mandat limité, centré exclusivement sur la restauration de l’ordre public. Il alerte sur le risque moral que comporte la banalisation de l’idée de négociation avec des groupes criminels : cela pourrait brouiller les repères éthiques, notamment pour la jeunesse, et renforcer l’impunité comme norme. S’il ne rejette pas entièrement l’éventualité d’un dialogue, il insiste sur la nécessité de balises strictes. À ses yeux, toute ouverture doit être précédée de gestes concrets : la libération immédiate et durable du Grand Sud et l’arrêt systématique des actes de prédation contre les populations civiles. Il admet que cette position s’inscrit dans une tension douloureuse entre justice pour les victimes et réalités stratégiques, tout en rappelant que certaines organisations internationales favorisent une approche pragmatique fondée sur le dialogue. Une conférence marquante, malgré quelques limites techniques Cette conférence a réuni de nombreux intellectuels haïtiens venus de différentes régions du pays ainsi que de la diaspora. L'intérêt du public était manifeste : la richesse des interventions et la profondeur des analyses ont suscité des échanges nourris, salués par l’ensemble des participants. Cependant, en dépit de la qualité générale des présentations, un contretemps technique a empêché l'intervention prévue du journaliste et analyste politique Lemoine Bonneau, dont l’apport était très attendu. Cette absence a mis en lumière les défis logistiques propres aux événements hybrides ou entièrement virtuels, tout en soulignant l’importance d’un accompagnement technique rigoureux pour les prochaines éditions. Il convient également de souligner le soutien précieux d’Edens Desbas, animateur de l’émission Haïtidabord, et de Boukan News, qui ont contribué à la réussite et à la visibilité de cette initiative. Le Dr. Roland Joseph a clôturé l’événement en remerciant chaleureusement les panélistes et les participants pour leur engagement et la pertinence de leurs interventions. Il a encouragé chacun à rester connecté à l’Institut de Gestion, de Gouvernance et d’Études Politiques (IGGEP), annonçant que d’autres conférences suivront sur ce thème vital pour l’avenir d’Haïti.

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Actualités 23-Jul-2025

Clôture à l’IGGEP d’un séminaire sur la science politique « nonkilling » : une voie nouvelle pour la paix durable en Haïti.

Par Jonathan Méus, Jacmel, 19 Juillet 2025 - L'Institut de Gestion, de Gouvernance et des Études Politiques (IGGEP), en partenariat avec le Center for Global Nonkilling (CGNK), a clôturé ce samedi un séminaire inédit autour de la science politique nonkilling, de la paix et de la non-violence. Cette formation, articulée en trois sessions intensives, a réuni plusieurs dizaines d’étudiantes et d’étudiants venus de différentes régions du pays, notamment du Sud, de l’Ouest, du Nord et du Sud-Est. Elle a également mobilisé des chercheurs et des leaders communautaires intéressés par des approches alternatives en gouvernance et en transformation sociale. La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence de personnalités de renom, telles que le Dr Bill (Balwant) Bhaneja, ancien diplomate canadien et promoteur du paradigme du nonkilling ; le professeur Dr Gracien Jean, ministre délégué chargé des questions électorales et constitutionnelles ; la Dre Katyayani Singh, secrétaire générale du CGNK et professeure des universités ; la Dre Kim Thompson, PDG d’Equity Bank Bahamas Limited ; ainsi que le Dr Deus Deronneth, président du conseil d'administration de l’IGGEP. Dans son allocution, le Dr Bhaneja a retracé l’héritage de la pensée politique classique, en rappelant que « depuis l’Antiquité gréco-romaine jusqu’aux penseurs modernes comme Hobbes ou Weber, la violence a été acceptée comme instrument légitime du pouvoir ». Il a plaidé pour une refondation éthique de la discipline : « La science politique du XXIe siècle doit reposer sur la reconnaissance du droit à la vie comme principe fondamental, même avant la démocratie. Le nonkilling n’est pas une utopie : c’est une nécessité. » Le ministre Gracien Jean a, de son côté, salué cette initiative innovante qui ouvre la voie à une politique fondée non pas sur la confrontation ou l’exclusion, mais sur la coexistence pacifique et le respect de la vie. « Une politique non-killing, c’est une politique de vie, de dialogue et de justice », a-t-il affirmé. Le Dr Roland Joseph, professeur à temps partiel à l’IGGEP, initiateur et principal formateur du séminaire, a insisté sur l’urgence d’un changement de paradigme. Selon lui, la crise actuelle en Haïti est le produit d’une culture politique marquée par la légitimation de la violence depuis plus de deux siècles. « La violence des groupes armés que nous subissons aujourd’hui est l’expression d’une violence structurelle plus ancienne, institutionnalisée dans les fondements mêmes de notre système politique. Le paradigme nonkilling offre une véritable alternative pour sortir le pays de cette spirale. Il est impératif de multiplier ce type de formation dans tous les secteurs de la société pour transformer durablement Haïti. » Le Dr Deus Deronneth a réaffirmé, pour sa part, sa volonté de faire de l’IGGEP un espace de référence pour la formation en science politique nonkilling, plaçant la vie humaine — et en particulier celle de chaque citoyen haïtien — au cœur des décisions publiques. Dans la foulée de cette initiative, une nouvelle structure académique a vu le jour : le Centre Caribéen pour le Nonkilling, la Paix et les Études sur les Conflits (CNPCS). Ce centre, rattaché à l’IGGEP, a pour vocation de promouvoir les valeurs du nonkilling, de la non-violence et de la paix, par la recherche, la formation et l’engagement citoyen. De nombreux étudiants y sont déjà impliqués, sous la direction du Dr Roland Joseph, fondateur et directeur exécutif du CNPCS.

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Blog

Blog 03-Oct-2025

Roland Joseph s’adresse au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU sur la crise en Haïti

Conseil des Droits de l’Homme – 60ᵉ session | Point 10 : Haïti Intervention de Roland Joseph, Genève, 2 octobre 2025 Cet article est rédigé par l'équipe du Caribbean Center for Nonkilling , Peace and Conflict Studies (CCNPCS) L’Institut de Gestion, de Gouvernance et d’Études Politiques (IGGEP) et le Caribbean Center for Nonkilling, Peace, and Conflict Studies (CCNPCS), fondé par Roland Joseph et travaillant de concert avec le Center for Global Nonkilling (CGNK), une organisation internationale à but non lucratif bénéficiant d’un statut consultatif auprès de l’ONU, sont fiers de partager l’intervention du Dr Roland Joseph lors de la 60ᵉ session du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, portant sur la situation urgente en Haïti (Point 10). Cette intervention a été facilitée et coordonnée par Christophe Barbey, représentant principal du CGNK à Genève, et s’est déroulée en présence de plusieurs diplomates ainsi que de représentants d’autres organisations internationales et ONG. Dans son intervention, Dr. Joseph a souligné l’impact dramatique des gangs armés sur la population, qui terrorisent la capitale, en contrôlant près de 90 % de celle-ci et en bloquant les routes reliant les dix départements du pays. « Récemment, plus de 40 personnes — femmes, enfants et personnes âgées — ont été massacrées dans la commune de Cabaret », a-t-il rapporté. Il a également insisté sur l’ampleur du déplacement forcé des familles haïtiennes. En juin 2025, environ 1,3 million de personnes avaient été déplacées en raison de la violence, dont plus de la moitié étaient des enfants. « Près d’un enfant sur six en Haïti est désormais déplacé, soit environ 700 000 enfants », a précisé Dr. Joseph. Alarmant, 30 à 50 % des membres des gangs sont eux-mêmes des enfants, illustrant la nature profonde et cyclique de cette crise. Dr. Joseph a attribué cette situation tragique à la violence structurelle, enracinée dans la pauvreté et l’injustice sociale. Il a appelé à des solutions allant au-delà des mesures sécuritaires immédiates, en prônant des approches basées sur les principes de non-meurtre, notamment à travers des programmes complets d’éducation à la paix dans les écoles et les communautés. « Nous exhortons le Conseil et la communauté internationale à soutenir ces efforts, afin de donner à Haïti une chance de retrouver la paix et la dignité », a-t-il conclu. Le CCNPCS continue de promouvoir les perspectives de non-meurtre comme des outils essentiels pour une paix durable, la protection des droits humains et le développement durable en Haiti et à travers le monde. Voir l’intervention complète sur UN Web TV : UN Web TV – 38ᵉ réunion, 60ᵉ session. Time exacte: 39:42-41:14. https://na01.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwebtv.un.org%2Fen%2Fasset%2Fk1z%2Fk1zd31r260&data=05%7C02%7C%7C6f05853ceb8944084f2208de02d170c3%7C84df9e7fe9f640afb435aaaaaaaaaaaa%7C1%7C0%7C638951295722428075%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&sdata=E%2B22q71xYEFMDEWHbd4cG%2B0MECwYB0XOsG4PozrUPn0%3D&reserved=0

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Communique

Communiqué 22-Sep-2025

Forum virtuel sur la paix : les jeunes haïtiens engagés pour une société haitienne basée sur les principes du "nonkilling"

À l’occasion de la Journée internationale de la paix, le Caribbean Center for Nonkilling, Peace, and Conflict Studies (CCNPCS) de l'Institut de Gestion, de Gouvernance et D’Études Politiques (IGGEP) a organisé, le 21 septembre 2025, un forum virtuel via Zoom, retransmis en direct sur Facebook. Cet événement a réuni un large public, dont plusieurs jeunes et étudiants d’Haïti, autour d’un thème central : « Quelles actions entreprendre pour lutter contre la violence et le meurtre en Haïti et construire une société haïtienne de nonkilling » La rencontre a été marquée par la richesse des interventions de jeunes leaders communautaires et d’étudiants, dont beaucoup avaient participé récemment au séminaire d’initiation à la science politique nonkilling, organisé par le CCNPCS avec le soutien du Center for Global Nonkilling (CGNK). Les échanges ont largement porté sur la situation sécuritaire en Haïti, mettant en lumière l’urgence d’initiatives éducatives et citoyennes pour promouvoir une culture de paix. De nombreux intervenants ont plaidé en faveur de l’intégration de l’enseignement de la paix et du nonkilling dans les programmes de formation et dans la vie communautaire. En conclusion, Roland Joseph, président du CCNPCS, a donné rendez-vous aux participants pour le 2 octobre 2025, à l’occasion de la Journée internationale de la non-violence, pour poursuivre la réflexion et le dialogue sur les défis liés à la violence en Haïti. Il convient de rappeler que le CCNPCS est une structure récente, créée en Haïti au sein de l’Institut de Gestion, de Gouvernance et d’Études Politiques (IGGEP), en partenariat avec le Center for Global Nonkilling (CGNK).

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Communiqué 16-Sep-2025

Lancement de la Troisième Cohorte de Formation en Gouvernance Locale de l’IGGEP

L’Institut de Gestion, de Gouvernance et des Études Politiques (IGGEP) a le plaisir d’annoncer le lancement de la troisième cohorte du Programme de Formation de Courte durée en Gouvernance Locale. Cette nouvelle édition marque une étape importante dans l’engagement de l'Institut à renforcer les capacités des acteurs locaux, des jeunes leaders, des étudiants et des professionnels intéressés par les enjeux de la gestion territoriale et du développement local. Pendant une durée de trois mois intensifs, les participants bénéficieront d’un parcours structuré et riche composé de 14 modules de formation. Ces modules couvriront les thématiques clés de la gouvernance locale : - la gestion et l’administration des collectivités territoriales, - la participation citoyenne et la démocratie locale, - la planification et le développement territorial, - la gouvernance financière et budgétaire locale, Avec ce programme, l’IGGEP continue d’offrir un cadre académique et pratique permettant aux participants d’acquérir des compétences solides et de contribuer efficacement au renforcement de la gouvernance locale en Haïti. #IGGEP #Lancement #GouvernanceLocale #FormationCourteduree #Haïti

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COMMUNIQUÉ 11-Sep-2025

COMMUNIQUÉ

Dans l’objectif de renforcer les capacités des élus locaux et de promouvoir une gouvernance de proximité plus efficace, l’Institut de Gestion, de Gouvernance et des Études Politiques (IGGEP), en collaboration avec l’Association des ASECs de l’Ouest, a lancé une session de formation intensive au profit des élus locaux du 08 au 11 septembre 2025 au local de l'Institut. Cette formation vise à doter les participants d’outils pratiques et de compétences stratégiques leur permettant d’améliorer la gestion des affaires locales, de renforcer leur rôle de médiation et de mieux répondre aux attentes des communautés. La session s'est déroulée autour de quatre (4) modules de formation : Gouvernance locale et cadre légal en Haïti; Gestion administrative et budgétaire des collectivités; Planification locale participative et conduite de projets; Leadership, éthique et communication institutionnelle. À travers cette initiative, l’IGGEP et l’Association des ASECs de l’Ouest réaffirment leur engagement à accompagner les collectivités dans la construction d’une gouvernance locale plus inclusive, transparente et participative. Fait à Petion-Ville, le 11 septembre 2025.

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Communique 23-Jan-2025

Lutte pour une bonne gouvernance en Haiti: l’IGGEP continue de s’impliquer activement.

Des centaines de jeunes professionnels et étudiants pour la plupart ont participé, les 18 et 19 Aout 2023, à la salle paroissiale de Port-de-Paix, au quatrième symposium sur la gouvernance, organisé par l’Institut de Gestion, de Gouvernance et des Etudes Politiques (IGGEP). Cette initiative vise à sensibiliser les jeunes à s’impliquer davantage pour changer la situation socioéconomique délétère du pays liée à la mauvaise gouvernance. Implication des jeunes dans le développement territorial en Haïti; Environnement et bonne gouvernance: quelle relation; Rôle de la religion dans la bonne Gouvernance; Gouvernance et développement économique en Haïti et la gouvernance de la section communale: une alternative pour développer Haïti sont entre autres thèmes qui ont été débattus pendant ces deux jours d’assises, par des spécialistes dont les professeurs Emmanuel Joseph et Asthène Jean, le Révérend Père Ricardo Dieujuste, Me Katia Pierre-Louis Toussaint et l’ancien député de Marigot, Déus Déronneth. Dans son intervention, le Directeur général de l’institut de Gestion, de Gouvernance et des Etudes Politiques a dénoncé toute démarche visant une réforme constitutionnelle en mettant en marge les collectivités territoriales considérées, par plus d’un, comme l’un des piliers de la bonne gouvernance. En ce sens, Déus DERONNETH exige des représentants de l’État central un meilleur traitement en faveur des responsables des collectivités territoriales au même titre que les autres élus, tout en invitant les jeunes à se former davantage afin de s’impliquer dans la gouvernance locale. L’Égalité de chances des citoyens et le bien-être collectif sont deux des principales missions de la bonne gouvernance, souligne le Professeur de l’université qui estime que la situation socioéconomique, politique et sécuritaire du pays est le résultat de la mauvaise gouvernance des dirigeants qui se sont succédé au sommet de l’État. Ces symposiums nationaux qui ont déjà été réalisés dans les départements du Sud-est, de la Grand’Anse et dans le Nord témoignent de l’engagement de l’institut de Gestion, de Gouvernance et des Etudes Politiques (IGGEP) pour exiger les autorités concernées à mettre en place un système politique basé sur la bonne gouvernance, affirme le numéro 1 de l’IGGEP.

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CONFÉRENCE - DÉBAT

CONFÉRENCE - DÉBATPublié le: 17-Apr-2026

La violence comme mode d’expression politique en Haïti : enjeux pour la consolidation démocratique.

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Discours

Discours 19-Jul-2025

Manuscrit de la conférence prononcée par le Dr Bill (Balwant) Bhaneja, ancien diplomate canadien, lors de la séance finale du séminaire sur la science politique nonkilling, la paix et la non-violence, organisé par le Center for Global Nonkilling (CGNK) et le Département de science politique et des relations internationales de l’Institut de Gestion, de Gouvernance et d’Études Politiques (IGGEP) en Haïti.

Je tiens à remercier chaleureusement le Dr Roland Joseph pour l’organisation de ce séminaire. J’adresse également mes remerciements au Dr Deus Deronneth, président de l’Institut de Gestion, de Gouvernance et d’Études Politiques (IGGEP), ainsi qu’au Professeur Dr. Gracien Jean pour son soutien précieux à cette initiative. C’est un grand honneur pour moi d’avoir été invité à m’adresser à un public aussi distingué ! Les institutions éducatives jouent un rôle fondamental dans une société démocratique et engagée. Au-delà de leur mission de formation professionnelle adaptée aux exigences d’une économie moderne, elles ont aussi la responsabilité de développer et d’élargir les compétences intellectuelles de leurs diplômés, afin qu’ils soient capables de faire des choix éthiques. Le développement de l’esprit critique chez les individus est essentiel pour évaluer et comprendre le monde complexe dans lequel nous vivons — un monde confronté à de grands défis comme la pauvreté, la croissance, la préservation de l’environnement et la résolution des conflits. Qu’est-ce que la paix ? Toute ma vie, je suis passé d’une définition de la paix à une autre. Aujourd’hui, je la décris en trois mots simples : « No more killing », « Plus de meurtre », une définition que j’ai adoptée grâce au professeur Glenn D. Paige. Le non-meurtre, ou non-killing, est ma nouvelle compréhension de la paix, car cela révèle que la violence prend racine dans l’acte de tuer. Ce n’est que lorsque le meurtre cesse que les graines d’une paix véritable peuvent commencer à germer. La paix est une notion vaste, un grand chapiteau, et elle a toujours été difficile à définir. Les dirigeants politiques du monde entier ont souvent utilisé le mot paix tout en menant des politiques militaristes, allant jusqu’à larguer des bombes — y compris la bombe atomique — au nom de la paix (par exemple : Hitler, Staline, Bush). Il existe également une autre définition de la paix, souvent évoquée par des personnes d’inspiration spirituelle ou religieuse : la paix intérieure. Il s’agit de la recherche d’un apaisement en soi. Ce type de paix est essentiel, car il peut mener à la confiance en soi. Elle aide à se motiver et à trouver le courage d’entreprendre des tâches difficiles. Mais lorsque nous cherchons à bâtir des infrastructures de paix, une telle définition ne suffit pas ; il faut quelque chose de plus concret. La paix non-meurtrière (nonkilling peace) apporte cette clarté qui manque aux deux définitions précédentes. Son objectif est sans ambiguïté : il s’agit d’une paix visant à éliminer les meurtres sans tuer personne. Glenn D. Paige définit une société nonkilling comme suit (Paige, 2007 : 1) : « Une communauté humaine – de la plus petite à la plus grande, du local au global – caractérisée par l’absence de meurtre, et de menaces de tuer ; sans armes conçues pour tuer des êtres humains et sans justification pour les utiliser ; et sans conditions sociales dépendantes de la menace ou de l’usage de la force létale pour assurer le maintien ou le changement. » Une société non meurtrière (non-killing) est-elle possible ? Certains répondent « Non », affirmant que le meurtre est inévitable en raison de la nature humaine violente, de la compétition pour des ressources limitées et d’autres facteurs. Cependant, en 2002, un « Oui » retentissant a été proclamé dans le livre Nonkilling Global Political Science du politologue Glenn D. Paige, qui soutient que sa vision n’est pas une utopie. Le professeur Glenn Durland Paige, intellectuel américain et ancien soldat ayant combattu pendant la guerre de Corée dans les années 1950, s’est éveillé à l’idée de « No more killing » (« Plus de meurtre ») en 1974. Son exploration des capacités humaines au nonkilling l’a conduit dans plusieurs pays : Inde, Pakistan, Chine, Russie, Corée divisée, Japon, Jordanie, Colombie, Philippines, entre autres. Il s’est également inspiré de la tradition non violente américaine, allant de Henry David Thoreau et Walt Whitman à Martin Luther King Jr. Une partie de son parcours intellectuel est relatée dans son ouvrage de 1993 intitulé *To Nonviolent Political Science : From Seasons of Violence*. C’est lui qui a introduit le terme « Nonkilling » dans la langue anglaise, dans le cadre de son traité Nonkilling Global Political Science, aujourd’hui traduit et publié dans plus de 30 langues. Paix, non-violence et nonkilling La pensée éclairée de Glenn D. Paige se reflète dans la distinction fine qu’il établit entre paix, non-violence et nonkilling, insistant sur le fait que ces termes ne sont pas interchangeables. Il écrit : « Bien qu’il soit utile, pour favoriser l’acceptation du terme peu familier de “nonkilling” et susciter la coopération, de l’associer indépendamment aux notions de paix et de non-violence, à mes yeux, ces trois concepts ne sont pas interchangeables. Permettez-moi de m’expliquer : Le nonkilling contribuera certainement à la non-violence et à la paix. Mais la non-violence et la paix ne conduisent pas nécessairement au nonkilling. Le nonkilling est, sur les plans empirique et logique, un préalable : on ne peut œuvrer à la paix, à la non-violence ou à quoi que ce soit d’autre si l’on est tué. Par exemple, certains dirigeants gandhiens contemporains, pourtant partisans de la non-violence, ont soutenu les programmes d’armement nucléaire de l’Inde, la peine de mort, ou encore certaines guerres. Des responsables américains ont parlé de non-violence comme complément aux actions militaires en Afghanistan, en Irak, etc. Comme vous le savez peut-être, “La paix est notre mission” est la devise du Commandement stratégique nucléaire des États-Unis. Des guerres sont menées au nom de la paix, et les vétérans ayant tué sont honorés aux États-Unis. Paige conclut : « Je préfère me concentrer au moins sur l’acte délibéré (italiques de l’auteur) de tuer un être humain par un autre. Si d’autres souhaitent étendre le concept de nonkilling à tout ce qui existe dans l’univers, c’est parfaitement louable et admirable — mais cela ne doit pas être un préalable à l’affrontement direct de la question centrale : mettre fin à l’acte de tuer des êtres humains par d’autres êtres humains, que ce soit dans le cadre de l’homicide, du crime, du terrorisme ou de la guerre. » La non-violence nous aide à trouver notre moi profond, ou à entrer dans une réflexion philosophique, spirituelle ou méditative. Elle est tournée vers l’intériorité, orientée sur soi : il s’agit d’une quête spirituelle intérieure visant à ne causer aucune blessure en pensée, en paroles ou en actes. La désobéissance civile (satyagraha) est une manière de tester sa volonté, son éthique et sa moralité. Le nonkilling, quant à lui, est explicitement orienté vers l’action en faveur du bien commun, en prévenant tout acte de blessure ou de meurtre envers soi-même, autrui ou des groupes. Le Nonkilling : une réponse urgente et concrète à la violence Le nonkilling vise des actions concrètes et urgentes pour prévenir la violence, tant autour de nous qu’en nous-mêmes. Notre existence — de A à Z — est définie par la vie. De la naissance à la mort naturelle, aucune activité humaine ne peut être menée si l’on est tué. Sans la vie, aucun des grands problèmes de notre époque — guerres, pauvreté, crise environnementale — ne peut être résolu. Le Principe 13 de la Charte des Lauréats du Prix Nobel pour un monde sans violence appelle chacun à : « Œuvrer ensemble pour un monde juste, sans tuer, dans lequel chacun a le droit de ne pas être tué et la responsabilité de ne pas tuer autrui. » Dans sa conception du Nonkilling, Glenn D. Paige exprime une préférence claire : « Me concentrer, au minimum, sur l’acte délibéré (italiques de l’auteur) de tuer un être humain par un autre. Si d’autres souhaitent étendre le concept de nonkilling à tout ce qui existe dans l’univers, c’est parfaitement acceptable et admirable — mais cela ne doit pas constituer un prétexte pour éviter d’affronter directement le défi d’éliminer les meurtres entre humains, qu’il s’agisse d’homicides, de crimes, de terrorisme ou de guerre. » Un obstacle majeur au nonkilling est le mythe selon lequel les êtres humains seraient naturellement violents, porteurs d’un instinct animal meurtrier. Pourtant, les travaux de Paige montrent que moins de 5 % de la population mondiale a déjà tué un autre être humain dans un contexte de combat, et que dans la plupart des sociétés, moins de 1 % des individus ont tué quelqu’un au cours de leur vie. Un bon exercice consiste à examiner le nombre d’homicides commis chaque année dans votre ville natale, à le comparer à la population totale, puis à calculer le pourcentage : vous constaterez la validité empirique du paradigme du nonkilling : la majorité des êtres humains ne sont pas des tueurs. Cela dit, certaines personnes peuvent tuer de manière répétée, sans remords, voire avec plaisir. On en trouve des exemples dans les recherches sur Internet (par exemple : liste mondiale des tueurs en série). Une explication neurologique de ce phénomène est présentée dans les recherches en neuro-imagerie du criminologue Adrian Raine, dans son ouvrage The Anatomy of Violence: The Biological Roots of Crime (2013). Raine reste toutefois optimiste quant à la possibilité de prévenir ou guérir ce type de dysfonctionnement cérébral. Le rapport de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) sur la violence et la santé, publié en 2002, a conclu que : « La violence est une maladie évitable. » Cette conclusion rejoint celle de Glenn D. Paige dans son livre Nonkilling Global Political Science, publié la même année, mais de façon indépendante. Ces deux ouvrages posent une même série de questions fondamentales : • Comment prévenir la violence dirigée contre soi-même, contre autrui et à l’échelle collective ? • Comment éliminer ou réduire la létalité des suicides, des homicides et des conflits armés ? Les deux auteurs insistent sur la nécessité de processus systémiques pour traiter ces trois formes de violence, avec une analyse rigoureuse de l’anatomie du meurtre et des moyens de guérison. Leur objectif commun est de mettre en place des indicateurs mesurables pour quantifier les vies sauvées. Structures et processus du Nonkilling Le Center for Global Nonkilling, une ONG accréditée auprès des Nations Unies, fondée en 2007, poursuit une mission à la fois inspirante pour les individus et transformatrice pour les sociétés : « Promouvoir le changement vers un monde sans tuer, mesurable, par des moyens ouverts à l’infinie créativité humaine, dans le respect de la vie. » Le centre s’appuie sur une approche scientifique fondée sur des preuves pour analyser les problèmes de la violence. Cela implique de mobiliser, faire progresser et combiner les dimensions spirituelle, scientifique, technique et artistique de l’humanité au service du changement. Son site web affiche fièrement cette devise : « Le nonkilling est la mesure du progrès humain. » http://www.nonkilling.org Depuis l’Antiquité gréco-romaine jusqu’aux penseurs modernes comme Hobbes et Weber, la théorie politique a peu évolué sur un point : la justification de la violence comme outil de gouvernement. La maxime du « pouvoir par la force » et la pensée machiavélienne selon laquelle la fin justifie les moyens dominent encore de nombreuses doctrines. Or, au XXIe siècle, à l’ère des savoirs nouveaux et des technologies avancées, il est temps d’abandonner cette vision dépassée du « pouvoir sur » les autres, au profit du « pouvoir de » transformer la société par les citoyens. La science politique doit désormais reconnaître le droit à la vie comme valeur première, même avant la démocratie. Des tentatives de rupture avec cette tradition ont émergé au siècle dernier grâce à des penseurs et activistes comme Tolstoï, Gandhi, Mandela ou Martin Luther King Jr. Par leur engagement non-violent, ils ont permis des avancées notables vers un monde plus équitable, accéléré la décolonisation, et inspiré de nouvelles approches politiques incarnées par des intellectuels comme Gene Sharp, Johan Galtung et Glenn D. Paige. Ce dernier a démontré que moins de 1 % des humains ont déjà tué quelqu’un. Si l’humanité entière s’était entre-tuée à travers les millénaires, notre espèce aurait disparu depuis longtemps (cf. Richard Sponsel). Le leadership nonkilling ne consiste pas à démontrer une force militaire, mais à prévenir ou mettre fin à la violence et aux tueries grâce à des stratégies orientées vers une paix universelle sans tuerie. Il s’agit d’imaginer un nouvel ordre mondial, fondé sur des valeurs humaines universelles et une éthique du non-killing qui nous rassemble au lieu de nous diviser. Empathie, compassion, humanité partagée et refus de tuer en sont les piliers. Comment faire? Pour comprendre la violence humaine, il faut en analyser les causes et effets, aussi complexes et interdépendants soient-ils. Glenn D. Paige propose une logique en quatre volets dans le cadre d’un paradigme scientifique du nonkilling : 1. Quelles sont les causes du meurtre ? 2. Quelles sont les causes du non-killing ? 3. Qu’est-ce qui provoque la transition de l’un à l’autre ? 4. Quelles sont les caractéristiques des sociétés totalement exemptes de tuerie ? Vers des politiques publiques du nonkilling Certains indices positifs existent déjà à l’échelle mondiale : • 27 pays ne possèdent pas d’armée ; • 95 pays ont aboli la peine de mort ; • 47 pays reconnaissent le droit à l’objection de conscience au service militaire. Dès 1949, le Costa Rica fut le premier pays à abolir ses forces armées, réallouant leur budget à l’éducation et à la formation des enseignants. Aujourd’hui encore, seule une garde civile est maintenue. Au XXIe siècle, plusieurs pays ont mis en place des ministères ou départements de la paix : • En 2009, le Costa Rica crée un Ministère de la Paix et de la Justice ; • En 2008, le Népal fonde un Ministère de la Paix et de la Reconstruction, avec un budget de 150 millions de dollars ; • En 2006, les Îles Salomon établissent un Département de la Paix. Des initiatives similaires émergent aussi : • En Catalogne (Espagne) avec un Département de la Paix ; • Aux Philippines, un Bureau du Conseiller présidentiel pour le processus de paix fonctionne depuis plusieurs années ; • En Afrique, des démarches sont en cours notamment au Soudan du Sud et au Rwanda. Enfin, sur le plan mondial, l’ONU dispose d’une force de maintien de la paix, mais de nombreuses infrastructures nationales et internationales manquent encore d’une force civile spécialisée, formée à la prévention, à la médiation et à la réconciliation. Sept fondements pour une société mondiale nonkilling Pour résumer la thèse de Glenn D. Paige, la possibilité d’une société mondiale nonkilling repose sur sept fondements : 1. La majorité des êtres humains ne tuent pas. 2. Un puissant potentiel non-killing réside dans l’héritage spirituel de l’humanité. 3. La science démontre et prévoit des capacités humaines nonkilling. 4. Des politiques publiques de transition vers le nonkilling, telles que l’abolition de la peine de mort et la reconnaissance de l’objection de conscience au service militaire, ont été adoptées même par des États-nations nés de la violence. 5. Diverses institutions sociales fondées sur des principes nonkilling existent déjà, montrant qu’en les combinant, elles peuvent offrir l’équivalent fonctionnel d’une société nonkilling. Les luttes populaires non violentes pour des changements politiques et socioéconomiques témoignent d’alternatives puissantes à la violence révolutionnaire. 6. Les racines de l’inspiration nonkilling peuvent être découvertes dans les traditions historiques du monde entier. 7. En fin de compte, la promesse d’une transition vers le nonkilling repose sur les exemples d’hommes et de femmes – célèbres ou anonymes – dont la vie courageuse témoigne de la faisabilité de cet idéal. La prévention de la violence, à l’échelle locale, nationale, régionale et mondiale, doit être une priorité de toute gouvernance. Cela inclut une meilleure information sur la violence auto-infligée et la violence collective. Le progrès vers une société nonkilling dépend de la capacité des États à construire, accepter et diffuser une éthique globale du nonkilling, et à éduquer le public à ce sujet. Il s’agit notamment de sensibiliser les citoyens à la chaîne des causes menant au meurtre et aux moyens d’inverser cette dynamique (Paige, p. 74-75). Recherche, éducation et formation comme outils d’action Depuis plus de dix ans, le Center for Global Nonkilling (CGNK) œuvre à la mobilisation d’une expertise mondiale au sein d’une plateforme de la société civile nonkilling. Celle-ci réunit aujourd’hui 700 chercheurs de 300 universités réparties dans 73 pays, répartis dans 19 comités de recherche. Les publications du CGNK ainsi que des informations sur les comités de recherche et les membres sont accessibles sur le site : www.nonkilling.org. La plupart des ouvrages et rapports sont en accès libre et représentent une ressource précieuse pour la recherche, l’enseignement et la formation. Le CGNK est également membre précurseur de l’Alliance pour la prévention de la violence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui regroupe plus de 40 membres, principalement issus de milieux gouvernementaux et non gouvernementaux dans le domaine de la santé publique. Ensemble, ils examinent les moyens de traiter les trois formes de violence évoquées précédemment. Le professeur Maorong Jiang, directeur du Consortium asiatique pour une société nonkilling à l’Université de Creighton (Nebraska, États-Unis), souligne l’ampleur du problème : « Nous avons une pathologie cardiaque massive, mais nous ne traitons qu’une éruption cutanée. » Bien que l’homicide, le suicide et la guerre figurent parmi les dix premières causes de mortalité, les décès liés à la guerre (20 %) sont moins nombreux que ceux liés à l’homicide (30 %) ou au suicide (50 %). Pourtant, les budgets gouvernementaux mondiaux reflètent une répartition inversée : la majeure partie des ressources est allouée à la sécurité militaire, alors que les moyens consacrés à la prévention des violences interpersonnelles ou auto-infligées sont dérisoires. L’accès à des données mondiales fiables permettrait pourtant de développer de nouvelles méthodes de prévention plus efficaces. Que pouvons-nous en conclure ? Premièrement, les êtres humains ne sont pas des tueurs par nature. Nous pouvons être agressifs, mais nous ne sommes pas fondamentalement des meurtriers. Une société non-killing est donc possible. Deuxièmement, il existe un véritable problème empirique à résoudre. Les ressources destinées à la sécurité sont massivement orientées vers les interventions militaires et la guerre. Il est urgent de légiférer et de mettre en place des politiques, des programmes et des institutions alternatives à tous les niveaux, gouvernementaux et non gouvernementaux, pour prévenir la violence. Ce n’est que lorsque ces dispositifs nationaux seront établis qu’un système mondial de suivi et de soutien pourra être réellement efficace. Conclusion Pour conclure, la transition vers une société non-killing n’est pas un rêve impossible. Au CGNK, nous sommes passés en une décennie du livre de Paige à la recherche, puis à l’éducation, et enfin au plaidoyer pour un changement global nonkilling. Le centre a obtenu le statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) pour la période 2014-2018. Parmi les premières actions, des résolutions ont été présentées, notamment celle visant à inclure le Principe 13 de la Charte des lauréats du Prix Nobel de la Paix pour un monde sans violence, qui proclame le droit individuel de ne pas tuer et de ne pas être tué, dans l’Agenda de développement post-2015 de l’ONU. Des déclarations ont également été soumises au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et à la Commission de la condition de la femme. Des efforts similaires sont nécessaires aux niveaux national et sociétal afin de former des partenariats efficaces à l’échelle mondiale. Ces groupes pourraient faire pression pour une législation invitant toutes les institutions publiques et civiles à élaborer des plans d’action et des indicateurs pour comptabiliser les homicides et agir en prévention. Il est temps que la compréhension des causes de la violence physique et des solutions nonkilling devienne un impératif du XXIe siècle. Reste désormais à définir les moyens d’y parvenir à grande échelle. La thèse des capacités humaines nonkilling constitue un véritable défi pour encourager la coopération interdisciplinaire au sein des institutions éducatives et des universités, et favoriser ainsi un changement local, national et régional vers un monde sans tuerie, fondé sur la non-violence, la justice et la paix. Je remercie chaleureusement le Dr Roland Joseph pour son invitation à prendre la parole cet après-midi et partager cette inspiration nonkilling dans la poursuite de votre travail pour la paix et la reconstruction en Haïti. Et surtout, je vous remercie, vous tous, pour votre présence et votre écoute attentive. « Le leadership nonkilling repose sur la compétence et la capacité à prévenir la violence et à mettre fin aux tueries, avec pour objectif stratégique l’instauration d’une paix mesurable sans tuerie. Un nouvel ordre mondial fondé sur des valeurs humaines universelles et une éthique du nonkilling a le potentiel de nous unir. » – Glenn D. Paige « No more killing. (Plus de meurtre )! Merci! Bill (Balwant) Bhaneja, Ph.D.

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Discours 19-Jul-2025

Intervention de la Dre Katyayani Singh lors de la séance finale du séminaire sur la science politique « nonkilling », la paix et la non-violence, organisé par le Center for Global Nonkilling (CGNK) et le département de science politique et des relations internationales de l’Institut de Gestion, de Gouvernance et d’Études Politiques (IGGEP) en Haïti.

Aujourd’hui, je souhaite vous présenter un concept innovant et transformateur : le Nonkilling. Ce terme a été popularisé par le politologue Glenn D. Paige, qui définit une société « nonkilling » comme : « une société dans laquelle il n’y a aucun meurtre d’êtres humains et aucune menace ni condition pouvant mener au meurtre. » Cela va au-delà de la réduction de la violence ou de la fin de la guerre. Le nonkilling consiste à restructurer la société de manière à ce que le meurtre devienne à la fois inutile et impensable — dans le maintien de l’ordre, la guerre, la justice pénale, la vie domestique, et au-delà. Le monde connaît actuellement l’environnement le plus propice aux conflits depuis la Seconde Guerre mondiale. D’après l’Indice mondial de la paix 2024 : • 92 pays sont engagés dans des conflits armés transfrontaliers ; • 59 États connaissent des guerres internes ; • Les conflits majeurs incluent: o La guerre civile en Birmanie, o La guerre civile au Soudan, o La guerre entre la Russie et l’Ukraine, o Les opérations militaires israéliennes en Palestine, qualifiées par beaucoup de génocide. Par ailleurs: • En 2023, il y a eu 20 conflits armés de haute intensité (entraînant entre 1 000 et 9 999 morts par an). • En 2024, les zones de conflit se sont étendues au Cameroun et au Pakistan. • L’intervention de l’Iran dans le conflit Israël–Palestine a encore aggravé les tensions mondiales. Nous ne faisons plus seulement face à des guerres. Nous sommes confrontés à des systèmes de meurtre normalisés —et le « nonkilling » propose une alternative radicale et éthique à cette réalité. En tant qu’étudiant(e), vous pouvez contribuer à la cause du nonkilling en : • Militant pour l’intégration de cours sur la paix et le nonkilling dans vos établissements d’enseignement ; • Soutenant des initiatives locales de construction de la paix, sur le campus et au-delà ; • Participant à des campagnes en faveur de lois telles que le Department of Peacebuilding Act ; • Étudiant et prenant la parole sur des approches de sécurité qui valorisent la vie au lieu d’être centrées sur la mort. Le nonkilling peut sembler idéaliste — mais comme nous le rappelle Glenn Paige : « La nonkilling n’est pas un rêve utopique. C’est un objectif nécessaire à la survie de l’humanité. » Si nous sommes capables d’organiser des nations entières pour faire la guerre, nous pouvons les organiser pour construire la paix.

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Opinion

Opinion 30-Jun-2026

Edgar Morin et Glenn D. Paige : penser la complexité pour construire un avenir de paix fondé sur les principes du nonkilling

Intervention du Dr Roland Joseph, Ph.D., à l'occasion de la Journée internationale du nonkilling, le 28 juin 2026, sur le thème : « Revitaliser l'esprit du nonkilling : de l'unité culturelle à un avenir nonkilling ». C'est pour moi un immense honneur de prendre la parole aujourd'hui à l'occasion du 96e anniversaire de naissance du regretté professeur Glenn D. Paige. Je souhaite également rendre hommage aux autres figures éminentes du mouvement nonkilling qui nous ont quittés. Nous leur sommes profondément reconnaissants pour leur engagement et leur contribution au rayonnement de ce paradigme à travers le monde, y compris dans la région des Caraïbes. Nous rendons également hommage à d'autres chercheurs et militants qui nous ont quittés et qui n'étaient pas membres du mouvement nonkilling. Sans s'y identifier explicitement, ils ont consacré leur vie à promouvoir la paix et les valeurs de cette philosophie. Il y a quelques semaines, le monde a également perdu un autre grand penseur : le sociologue et philosophe français Edgar Morin, décédé à l'âge de 104 ans. Bien qu'Edgar Morin n'ait pas écrit spécifiquement sur le nonkilling, je suis convaincu que sa réflexion sur la pensée complexe nous offre une grille de lecture particulièrement pertinente pour mieux comprendre l'originalité de ce paradigme élaboré par Glenn D. Paige. En réfléchissant aux contributions de ces deux penseurs, une idée revenait constamment à mon esprit : Glenn D. Paige nous invite à nous poser une question fondamentale : une société nonkilling est-elle possible ? Edgar Morin nous rappelle que répondre à cette question exige une pensée capable de relier les personnes, les idées et les disciplines. Pour Edgar Morin, la pensée complexe constitue une critique du paradigme de la simplification. Ce paradigme consiste à décomposer les problèmes en éléments distincts et à les analyser séparément. En définissant le terme complexe, Morin se réfère au mot latin complexus, qui signifie « ce qui est tissé ensemble ». Il nous rappelle que la réalité ne peut être comprise si l'on isole les phénomènes les uns des autres. Autrement dit, la pensée complexe est une manière de comprendre le monde. Au lieu de séparer les personnes, les idées, les disciplines ou les problèmes, elle nous invite à comprendre les liens qui les unissent. Pour Glenn D. Paige, le meurtre (Killing) n'est pas un phénomène isolé, mais un phénomène complexe. Il ne se limite pas aux questions militaires. Il concerne également la politique, l'éducation, l'économie, l'anthropologie, la sociologie, la psychologie, la science politique, les relations internationales, les technologies, la famille, la religion et la santé publique, pour ne citer que quelques exemples. Si le meurtre, ou le « Killing », constitue un problème complexe, nous devons alors l'aborder dans toute sa complexité. Comme nous le rappelle Edgar Morin, nous ne pouvons pas résoudre des problèmes complexes avec une pensée fragmentée. C'est précisément ce qui rend le paradigme de Glenn D. Paige si remarquable. Plutôt que de réduire le meurtre (Killing) à une cause unique, Paige l'aborde comme un problème humain complexe. Il pose alors une question à la fois simple et profondément révolutionnaire : une société nonkilling est-elle possible ? Il définit cette société comme : « Une communauté d’êtres humains, de la plus petite à la plus vaste, de la locale à la globale, caractérisée par le fait qu’on n’y tue pas les êtres humains et qu’on n’y menace pas de tuer ; il n’y a pas d’armes conçues pour tuer les êtres humains et aucune justification pour les utiliser ; et pas de conditions de société qui dépendent de la menace ou de forces homicides pour le maintien ou le changement. » Paige soutient qu'une société mondiale nonkilling est possible et que la science politique, en tant que discipline académique, peut contribuer à la concrétiser. Pour donner corps à cette vision, il a fondé le Center for Global Nonkilling (CGNK), qui réunit des chercheurs issus de nombreuses disciplines au sein de dix-neuf comités de recherche, notamment en anthropologie nonkilling, sociologie nonkilling, science politique nonkilling, psychologie nonkilling, économie nonkilling, histoire nonkilling, philosophie nonkilling et bien d'autres. Aujourd'hui, le CGNK rassemble plus de 800 chercheurs issus de plus de 80 pays et de près de 300 institutions universitaires, tous engagés à promouvoir un changement de paradigme scientifique en faveur d'une société pacifique fondée sur les principes nonkilling. Morin nous apprend à penser en reliant les disciplines. Paige nous invite non seulement à adopter une approche interdisciplinaire, mais aussi à traduire cette manière de penser en action en mobilisant les savoirs, les disciplines, les chercheurs, les institutions et les acteurs autour d'un objectif commun : la protection de la vie humaine et le respect de sa dignité. Je souhaiterais conclure par une citation de Petra Kelly, reprise par Glenn D. Paige dans son ouvrage Nonkilling Political Science : « Les problèmes qui menacent la vie sur Terre ont été produits collectivement ; ils nous affectent collectivement ; et nous devons agir collectivement pour les transformer. » Je vous remercie. Note de l'auteur: Cette intervention propose une lecture du paradigme du nonkilling de Glenn D. Paige à la lumière de la pensée complexe d'Edgar Morin. Pour approfondir cette réflexion, le lecteur peut consulter La Méthode d'Edgar Morin ainsi que Nonkilling Political Science de Glenn D. Paige (Center for Global Nonkilling, 2002).

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Opinion 16-Oct-2025

Écoles publiques haïtiennes: entre gouvernance défaillante et stigmates sociaux

Par : Orel Stheker VINCENT Diplômé en Gouvernance Locale Dans l’imaginaire collectif haïtien, l’école représente le levier par excellence de l’ascension sociale pour celles et ceux issus des milieux les plus modestes. Il n’est pas nécessaire de citer des noms pour se faire rapidement une idée de cette réalité. Bien qu’elle soit le déclencheur d’une transformation individuelle et, par extension, qu’elle contribue positivement à la vie sociale, l’école demeure souvent une impasse où seuls les meilleurs ou les plus chanceux réussissent à s’en sortir. Peut-on véritablement bâtir un système scolaire sur ces deux extrémités alors que l’école est censée être un espace de transformation individuelle et de cohésion collective, formant des citoyens responsables et engagés ? Comprendre le système « antonwa » de nos écoles revient à saisir la réalité du secteur éducatif national, marqué par la ségrégation et des rapports sociaux inégalitaires, comme l’a souligné le Docteur Jacques Abraham. Selon lui, les écarts entre les différentes écoles et les disparités sociales sont tels qu’ils engendrent des individus parfois étrangers à eux-mêmes et incapables de contribuer de manière significative au développement de leur pays. Dans le paysage éducatif haïtien, les écarts entre les écoles publiques et non publiques sont une évidence. Toutefois, au sein même des écoles publiques se cache une triste réalité même si elles incarnent à la fois l’espoir d’une éducation accessible et les limites d’un système en tension. À travers une étude comparative entre l’École Communale et Municipale de Pétion-Ville (ECMPV) et l’École Nationale du Guatemala (ENG), nous avons pu constater les disparités structurelles, administratives et sociales qui affectent la qualité de l’enseignement et la perception des gens de la communauté à l’égard de ces établissements publics. Ces deux écoles, bien que situées dans la même commune, illustrent deux modèles de gouvernance distincts: l’un sous tutelle de la municipalité, l’autre sous contrôle de l’État central via le Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle. Cette dualité révèle les failles d’un système éducatif fragmenté, où les enjeux de financement, de stabilité administrative et de reconnaissance sociale se conjuguent pour façonner des trajectoires scolaires inégalitaires. L’analyse organisationnelle montre que l’ENG bénéficie d’un encadrement plus structuré, avec un personnel enseignant régulier et fonctionnaire de l’État central, des infrastructures relativement solides et une certaine régularité dans la gestion pédagogique. En revanche, l’ECMPV souffre d’une surcharge des effectifs bien plus grande que l’ENG, d’un environnement physique dégradé et d’une instabilité chronique du personnel enseignant, souvent nommé selon des logiques politiques locales. Cette précarité administrative, couplée à des salaires irréguliers (soit 10000.00 gourdes par trimestre) et à l’absence d’avantages sociaux, engendre une démotivation généralisée et compromet la continuité pédagogique. L’écart entre les deux établissements ne réside pas uniquement dans les ressources disponibles, mais dans la capacité des structures de gouvernance à assurer une gestion cohérente et équitable. Le concept de gouvernance éducative est central. Il ne s’agit pas seulement de gérer des ressources, mais de construire une vision partagée de l’école publique comme levier de développement local. Or, cette vision est souvent absente dans les écoles communales, où la planification est soumise aux aléas politiques et aux limites budgétaires des municipalités. À l’inverse, les écoles nationales, bien que confrontées à leurs propres défis, bénéficient d’une certaine stabilité institutionnelle. Cette asymétrie pose la question de l’autonomie des collectivités territoriales dans la gestion éducative et de leur capacité à mobiliser les acteurs locaux autour d’un projet scolaire durable. La perception sociale des écoles publiques constitue un autre axe majeur de l’étude. Les entretiens menés auprès des élèves et des familles révèlent une image souvent négative des établissements publics, perçus comme des lieux de relégation sociale. Le mépris institutionnel dont ils font l’objet se traduit par une faible valorisation des enseignants, une stigmatisation des élèves et une reproduction des inégalités. Les stéréotypes associés à l’école publique – manque d’enseignants qualifiés dans l’ECMPV, infrastructures délabrées de l’ECMPV– alimentent un cercle vicieux où la démotivation scolaire devient une conséquence autant qu’un symptôme. Cette perception sociale, loin d’être anodine, influence directement les parcours éducatifs et les aspirations des jeunes. Face à ces constats, nous proposons des pistes concrètes pour améliorer la gouvernance et l’image des écoles publiques. Il s’agit notamment de renforcer l’autonomie administrative des établissements, de diversifier les sources de financement, de mettre en place des mécanismes de reddition de comptes et d’impliquer les communautés locales dans la gestion de l’école. Des actions de sensibilisation sont également nécessaires pour revaloriser l’école publique dans l’imaginaire collectif. Ces recommandations ne visent pas seulement à corriger des dysfonctionnements, mais à réhabiliter l’école comme espace de citoyenneté, d’émancipation et de cohésion sociale. En définitive, cette étude souligne que la qualité de l’éducation publique ne dépend pas uniquement des moyens financiers, mais de la volonté politique et de l’engagement communautaire. L’école, en tant qu’institution centrale de la société, mérite une gouvernance transparente, inclusive et ambitieuse. La commune de Pétion-Ville, bien que confrontés à des réalités différentes dans les deux écoles, illustrent les défis communs d’un système éducatif en quête de sens et de justice. Pour que l’école publique devienne un véritable moteur de transformation sociale, elle doit être pensée comme un bien commun, porté par tous et pour tous.

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OpinionPublié le: 02-May-2025

Comment la Décentralisation peut contribuer au développement d'Haïti || Pierre Reynald GENELUS

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OpinionPublié le: 13-Apr-2025

Comment la décentralisation peut contribuer dans le développement d'Haïti ? II Ruth Shama Saint Hilaire

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OpinionPublié le: 28-Apr-2024

Commentaire HAÏTI peut changer ? || Marie Sonie Christie Paul

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Recrutement

Recrutement 15-May-2025

APPEL À MANIFESTATION D’INTÉRÊT : CONSTITUTION D’UN CATALOGUE DE PROFESSEUR

Dans le cadre du renforcement du corps professoral, l’Institut de Gestion, Gouvernance et des Études Politiques (IGGEP) lance un appel à manifestation d’intérêt en vue de constituer un catalogue de professeurs, chargés de cours, vacataires et experts dans les domaines suivants : • Gestion (finance, comptabilité, management, marketing, etc.) ; • Gouvernance (administration publique, politiques publiques, éthique, etc.) ; • Études Politiques (sciences politiques, relations internationales, droit public, etc.) ; • Autres disciplines connexes en lien avec les sciences humaines et sociales. OBJECTIF Ce catalogue vise à établir une base de données de professionnels qualifiés pouvant être sollicités pour assurer des enseignements, des conférences, des séminaires ou des ateliers dans les programmes de formation de l’Institut. PROFILS RECHERCHÉS Les candidats doivent répondre à au moins l’un des critères suivants : • Être titulaire d’une maîtrise ; • Avoir une expérience professionnelle ou académique significative dans les domaines mentionnés; • Avoir une expertise reconnue dans un champs pertinent pour l’IGGEP. DOSSIER DE CANDIDATURE Les personnes intéressées sont invitées à soumettre : 1. Un curriculum vitae; 2. Une lettre de motivation ; 3. Des copies des diplômes et attestations ; 4. Une Pièce d’identité. SOUMISSION Remplir le formulaire de Recrutement : https://www.iggep.org/recrutement Pour toutes informations complémentaires, veuillez contacter l’administration au numéro 509 38 86 8888 ou par email info@iggep.org / recrutement@iggep.org.

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Sortie academique

Sortie academique 13-Dec-2024

Exploration Académique à Grand-Goâve : Plongée au Cœur de la Gouvernance Locale et de l’Écologie.

La fusion entre l’apprentissage académique et l’expérience pratique est au cœur de la formation des futurs leaders. Récemment, les étudiants en Gouvernance Locale de l’Institut de Gestion, de Gouvernance et des Études Politiques (IGGEP) ont eu l’opportunité unique de vivre cette fusion lors d’une sortie mémorable à Grand-Goâve. Accompagnés du Professeur Jean Odelin CASSEUS et des membres du staff administratif de l’institut, cette escapade éducative a permis aux étudiants d’explorer la finance publique, le protocole, et l’écologie au sein d’un environnement concret. Le soleil radieux de Grand-Goâve a été le témoin de moments d’apprentissage enrichissants, où les étudiants en Gouvernance Locale de l’IGGEP ont pu mettre en pratique leurs connaissances académiques dans un cadre réel. Le voyage éducatif, accompagné par le Professeur Jean Odelin CASSEUS et les membres du staff administratif de l’institut, a débuté par un séminaire captivant sur la finance publique et le budget de la république présenté par le haut cadre de la fonction publique Jerry Ralph REMY. Les étudiants, assoiffés de savoir, ont eu l’occasion de plonger dans les subtilités de la gestion financière gouvernementale, une compétence cruciale pour les futurs administrateurs publics. Professeur Jerry Ralph REMY en train de présenter le séminaire sur la finance publique L’aspect académique n’était pas la seule facette de cette sortie. Les étudiants ont également affiné leur compréhension des protocoles et des étiquettes de table lors d’un dîner formel, dispensé par madame Soinette DESIR. Assis autour d’une table bien dressée, ils ont appris à naviguer avec élégance à travers les règles subtiles de la conversation et du comportement en société. Cela a permis de renforcer leur confiance et leur aisance dans des situations sociales importantes, des compétences essentielles pour tout professionnel en gouvernance. diner formel pour l’évaluation du module protocole et étiquettes de table Cependant, l’apprentissage ne s’est pas arrêté à la sphère académique et sociale. Les étudiants ont également eu l’occasion d’explorer la richesse écologique de Vallue, une réserve naturelle qui incarne la beauté naturelle et la biodiversité du pays. Dirigée par l’ancien ministre de l’environnement Abner Septembre, le centre Ban-Yen est devenu un terrain d’apprentissage vivant où les étudiants ont été témoins des enjeux environnementaux actuels et des efforts de conservation. Un agronome travaillant au centre Ban-Yen donnant des explications aux étudiants sur le jardin potager La visite à Vallue a offert aux étudiants une perspective précieuse sur l’importance de la préservation de l’écosystème local et a renforcé leur compréhension de la nécessité d’une gouvernance équilibrée entre les besoins humains et la préservation de l’environnement. La séance d’apprentissage pratique dans ce contexte a été une expérience marquante qui a laissé une empreinte durable sur les participants. En somme, la sortie académique à Grand-Goâve pour les étudiants en Gouvernance Locale de l’IGGEP, accompagnés du Professeur Jean Odelin CASSEUS et des membres du staff administratif de l’institut, a été une aventure éducative complète. Des discussions sur les finances publiques aux leçons d’étiquette de table, en passant par l’immersion dans la réserve écologique de Vallue, les étudiants ont eu l’opportunité de voir de près les concepts abordés en classe prenant vie dans le monde réel. Cette expérience holistique a non seulement élargi leurs horizons, mais les a également préparés à devenir des acteurs conscients, compétents et responsables dans le domaine de la gouvernance locale et de l’écologie.

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Synthèse

Synthèse 17-Apr-2026

La violence comme mode d’expression politique en Haïti : enjeux pour la consolidation démocratique.

La conférence-débat consacrée à la violence politique et à la consolidation démocratique en Haïti, animée par Dourason CHARLES et modérée par Jonathan MEUS, a permis d’explorer en profondeur les liens complexes entre violence et politique. L’intervenant a montré que la violence peut être appréhendée à la fois comme un mode d’expression politique et comme un obstacle majeur à la construction démocratique. S’appuyant sur des approches anthropologiques, notamment celles de Hobbes et de Machiavel, il a rappelé l’importance du monopole de la violence légitime par l’État et les enjeux liés à sa régulation. Les échanges ont porté sur plusieurs dimensions du phénomène, notamment la violence électorale, la militarisation de la société et le rôle des groupes armés illégaux en tant qu’acteurs politiques. La discussion a également mis en lumière la manière dont l’autorité politique définit et traite la violence en fonction de sa vision du monde et de ses objectifs en matière de consolidation démocratique. Dans une perspective historique et politique, les participants ont interrogé les dynamiques démocratiques en Haïti depuis 1986, en soulignant les fragilités persistantes du système. L’intervenant a insisté sur le fait que la compréhension de la violence dépend des conceptions anthropologiques sous-jacentes et que l’affaiblissement de l’État, notamment lorsqu’il perd le monopole de la contrainte légitime, favorise l’émergence de formes de violence concurrentes dans l’espace public. Par ailleurs, il a été souligné que la violence systémique révèle des failles structurelles dans la construction de l’autorité politique. Les stratégies visant uniquement à éradiquer la violence apparaissent insuffisantes si elles ne s’attaquent pas à ses causes profondes. En s’inspirant de Weber, l’intervenant a rappelé que le monopole de la violence constitue un fondement de l’État moderne, tout en soulignant les dérives possibles lorsque ce monopole est fragilisé ou instrumentalisé. L’analyse a également porté sur les différentes stratégies adoptées par l’État haïtien face à la violence : la répression directe, le contournement par la tolérance de zones de non-droit, et la délégation implicite de la violence à des groupes armés. Ces dynamiques interrogent la capacité du politique à produire de l’ordre, à former des citoyens et à imposer une vision cohérente du vivre-ensemble. Enfin, la discussion a permis de préciser les contours de la violence politique et son rôle dans les relations institutionnelles. Il a été avancé que la violence, sans être constitutive de la démocratie, peut néanmoins en être une expression dévoyée dans des contextes de crise. Les groupes armés ont ainsi été analysés comme des formes de gouvernance parallèle, tandis que la violence terroriste a été distinguée de la violence légitime par sa finalité et ses cibles. Cette conférence a ainsi offert un cadre d’analyse riche pour comprendre les enjeux de la violence politique en Haïti et les défis qu’elle pose à toute entreprise de consolidation démocratique.

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Témoignage

TémoignagePublié le: 26-May-2025

Magnelo TATTEGRAIN || Témoignages du Programme en Gouvernance Locale || S.1 - Ep. 2

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TémoignagePublié le: 22-May-2025

Témoignage du programme en Gouvernance Locale|| S.1- Ép. 1|| Johnny Vilcius

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